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Flambée des prix : Colère des Marocains contre la vie chère Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-10-2007

« La lutte ne nous coûtera pas plus cher que le silence ». C’est par ces mots et d’autres slogans de la même intensité que les organisations qui encadrent les manifestations de lutte contre la cherté de la vie mobilisent les foules. D’autant plus que ces jours-ci, les foules semblent facilement mobilisables. 

ImageNUL besoin d’entourloupettes démagogiques ni de longs discours politiques ou syndicaux pour convaincre les consommateurs marocains de la nécessité de s’élever contre la hausse des prix. Ils sont révoltés en se voyant contraints de payer plus cher bien des denrées alimentaires de première nécessité. Dans les souks, chez les épiciers, les boutiques..., on entend certains parmi eux soupirer en passant à la caisse.

« Lmouss wsal laâdam » (le couteau a atteint l’os), pestent-ils souvent pour crier leur ras-le-bol. C’est une manière comme une autre d’exprimer leur mécontentement à l’encontre de la hausse des prix. Surtout que certaines hausses sont intervenues en plein ramadan. Un mois où le commun des Marocains double (ou presque) ses achats. Et aux besoins exceptionnels du ramadan s’ajoutent les frais de la scolarité des enfants. « Il y a vraiment de quoi s’arracher les cheveux », jure cet enseignant casablancais. Il n’estpas le seul à être dans cet état. Il suffit d’évoquer le sujet de la flambée des prix avec le premier venu pour l’entendre lister les produits touchés par la hausse.

Dans ce registre, il n’y a pas que le lait, le sucre, l’huile et autres denrées alimentaires. Il y a également, les moyens de transport, les soins de santé, les médicaments, les fournitures scolaires, les habits, le logement, l’eau, l’électricité, les produits de propreté, les fournitures scolaires... La liste est longue. Elle concerne citadins et ruraux.

ImageLes populations des zones rurales se disent beaucoup plus affectées par la cherté de la vie. « Tout devient inabordable et nous n’avons pas d’activités alternatives qui nous permettraient de combler le déficit dont nous souffrons à cause de la sécheresse », explique un agriculteur venu chercher du travail à Casablanca durant ce mois de ramadan.

Comme lui, d’autres agriculteurs des régions rurales, autant que de nombreux villageois, se sentent pénalisés davantage que les citadins par l’augmentation du coût de la vie. C’est pour cette raison que les manifestations organisées dans les petits patelins pour dénoncer la hausse des prix rassemblent plus grand monde que des villes aussi grandes que Casablanca et Rabat. Preuve en est le nombre impressionnant de manifestants qui sont sortis dans la rue à Sefrou, Bouaarfa, Tata, Guercif, Missour...

Hausses des prix en série

Depuis le début de l’année 2006, quatre vagues d’augmentation de prix ont été enregistrées. La première est consécutive à l’application de la loi des finances 2006 qui avait relevé le taux de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur un certain nombre de produits et services de base. De même, d’autres produits qui n’étaient pas taxés avant 2006 le sont devenus. Tout cela s’est répercuté sur les prix et particulièrement sur les tarifs de l’eau et de l’électricité.

La deuxième vague a été enregistrée durant les mois de septembre et octobre 2006 à la suite de la flambée du prix du pétrole. Ce qui avait conduit particulièrement à l’augmentation des prix des moyens de transport et donc à une augmentation des prix des produits alimentaires de base. Une troisième flambée des prix a eu lieu en mars dernier suite à l’application de la loi des finances de 2007.

La dernière augmentation en date a eu lieu le 8 septembre dernier (au lendemain des élections législatives). Elle a touché en particulier le pain, la farine...

Certes, le gouvernement a pris des mesures pour réduire la facture quotidienne des Marocains et contenir, ne serait-ce qu’en partie, leur colère. Mais, de l’avis général, les mesures prises restent insuffisantes. En discutant avec différents consommateurs dans l’ancienne médina de Casablanca, il apparaît clairement que la cherté de la vie est un cauchemar qui hante non seulement les couches défavorisées, mais également la classe moyenne.

Les pouvoirs publics craignent que cette colère ne dégénère en des évènements comme ceux survenus le 23 septembre dernier à Sefrou. Pour éviter le pire, les pouvoirs publics ont eu des réunions avec les gouverneurs des différentes villes pour les inciter à sanctionner les commerçants qui ne respectent pas les prix en vigueur. Ils ont également eu des réunions avec le bureau central de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) et avec les représentants de la « Coordination nationale contre la cherté de la vie ».

Ce n’est pas pour autant que les manifestants ont décoléré. D’autres mouvements de protestation sont prévus dans les prochains jours dans différentes villes.

Casablanca : Gauchistes et islamistes contre la hausse des prix

Les membres du comité local de Casablanca de lutte contre la cherté de la vie tablaient sur une forte participation des Casablancais dans la manifestation qui était programmée le 28 septembre. Déjà la veille, les organisateurs ont parcouru les quartiers populaires de la ville pour remettre les tracts annonçant la manifestation. Ils craignaient aussi l’éventualité de l’interdiction du sit-in programmé.

Programmée à 21h, le 28 septembre, après la prière du « tarawih », de nombreux manifestants sont arrivés à l’heure. Ils était, par ailleurs, « devancé » par les forces de l’ordre et les estafettes des forces d’intervention mobiles qui étaient déjà garées dans le grand parking derrière la fontaine de la place Mohammed V. Non loin de là, des éléments de la protection civile et des ambulanciers du ministère de la Santé étaient également en attente. Les évènements de Sefrou semblaient présents dans tous les esprits.

C’est devant la fontaine que les manifestants ont brandi leurs banderoles et se sont alignés en veillant à ne pas barrer la route aux automobilistes qui empruntaient le boulevard Hassn II.

Le nombre des manifestants avoisinait les 800 personnes. Y compris des membres d’Al Adl Wal Ihssan (participant pour la première fois à une activité de la coordination de Casablanca). L’association islamiste du cheikh Yassine était représentée par deux membres du secrétariat général du cercle politique de l’association, Abdessamad Fathi et Mustapha Raiq, responsable du bureau des études juridiques et politiques de la jamaâ, Mohamed Manar, un membre du comité des droit de l’Homme de la même association, Mohamed Nouini ainsi que plusieurs membres du secrétariat provincial du cercle politique d’Al Adl Wal Ihssan à Casablanca.

Les manifestants islamistes ont scandé de la même voix que les militants de la gauche (qui brandissaient un drapeau portant l’effigie de Che Guevara) les mêmes slogans dénonçant la cherté de la vie.

La manifestation a duré plus d’une heure. Elle s’est terminée, sans qu’il n’y ait d’incident, sur ordre du coordonnateur du comité local, Mohamed Abounasr. Ce dernier avait été porté durant toute la durée de la manifestation sur les épaules des participants. Ces deniers ont exprimé leur solidarité avec les détenus de Sefrou et ont annoncé qu’ils reviendront à la charge.

Khénifra : Le gouverneur menace

« Environ 3000 mille personnes femmes et hommes jeunes et moins jeunes ont répondu massivement à l’appel de la coordination locale de lutte contre la vie chère », rapporte la coordination de Khénifra. « Ils, elles ont afflué de tous les quartiers de la ville, voire des villages voisins (Mrirt , Ait Isshak , Ait Hnini) pour dire toute leur colère et exprimer leur mécontentement à l’encontre de la politique d’appauvrissement, de marginalisation menée par l’Etat depuis déjà des années », souligne Aziz Akkaoui, président de la section de l’AMDH à Khénifra et membre de la coordination locale de lutte contre la cherté de la vie.

Quelques jours avant le sit-in, cette coordination a distribué dans tous les quartiers de Khénifra près de 6000 communiqués appelant à une participation massive.

La veille du sit-in organisé le 28 septembre par la coordination de Khénifra contre la cherté de la vie, de nombreux militants locaux, dont Aziz Akkaoui, ont été convoqués pour une réunion à 14H avec le gouverneur, au siège de la province de Khénifra.

L’un des participants à la réunion raconte : « En répondant à la convocation, j’ai constaté que des associations - non membres de la coordination locales contre la hausse des prix - ont été convoquées avec des membres de la coordination locale pour la lutte contre la cherté de la vie, question de faire diversion. Le gouverneur a présidé la réunion, il a prononcé son discours sur les raisons de la hausse des prix en parlant des aléas climatiques et de la conjoncture internationale, avant de donner la parole aux chefs de services (ONE, Santé, ONEP, Education) pour qu’ils prononcent chacun son discours et promettre la belle vie à la région.

Et puis arrive l’essentiel : le sit-in de la coordination le jour même à 21H. C’est un droit inaliénable, dira le gouverneur, avant d’ajouter qu’il est aussi du devoir de l’Etat d’intervenir pour faire régner l’ordre en cas de débordement et que tout débordement coûtera cher à la région (Sic !). La parole a été ensuite donnée aux convoqués ». « Ce n’est pas ce genre de réunion qui va faire baisser les prix et donc calmer les esprits des citoyens », déplore la même source.

Bouarfa, Errachidia, Guercif... : A chaque ville sa manif C’est la date du 26 septembre, deux jours avant les autres mouvements de protestation annoncés dans différentes villes du pays, que la coordination de Bouara de lutte contre la vie chère a organisé son sit-in. 2000 personnes ont participé à cette manifestation, selon les organisateurs.

Bouarfa n’en est pas à sa première action du genre. Depuis l’année dernière, la population locale a pris l’habitude de protester pour réclamer des soins de santé meilleure et de meilleures conditions de vie. Durant la manifestation du 26 contre la vie chère, il n’y a pas eu d’incident.

Errachidia est l’autre ville ayant choisi de ne pas manifester le 28 septembre, comme l’ont fait Casablanca, Rabat, Chefchaouen, Agadir, Marrakech, Tétouan... Elle ne l’a fait que le 1er octobre. Guercif a suivi le lendemain.

Dans la ville de Khémisset, une manifestation du même genre est annoncée pour le samedi 6 octobre. De la sorte, les différentes coordinations contre la vie chère veulent montrer que les mouvements de protestation ne s’arrêteront pas au 28.

Tata : Les pionniers restent mobilisés

Dans le sud du royaume, la population locale est habituée à sortir dans la rue pour manifester sa colère. Dans ce cadre, les habitants de Tata sont particulièrement actifs.

Ils sont désormais connus pour avoir organisé depuis l’année dernière d’interminables sit-in pour réclamer de meilleurs soins de santé.

Ils ont été, avec des habitants de Oued Zem et de Sidi Ifni les premiers à s’être constitués en coordinations locales pour protester contre la vie chère. Ils ont ensuite fait des émules à Rabat, puis à Casablanca et désormais un peu partout au Maroc.

Ce 28 septembre, ils étaient encore 3000 manifestants à Tata à répondre à l’appel de la coordination locale de lutte contre la vie chère pour protester contre la hausse des prix. Leur action s’est passée sans incident.

Ce qui s’est réellement passé à Sefrou

A la suite de mouvements de protestations organisés les 20, 21 et 22 septembre contre la vie chère, la section de l’AMDH de Sefrou a organisé un sit-in le 23 septembre (jour de souk) en réaction à la hausse du prix du pain. Cette hausse venait d’être appliquée.

De nombreux habitants d’El Bhalil, une localité voisine, se sont joints à cette manifestation. Ils voulaient rencontrer le gouverneur pour lui présenter leurs doléances. La suite on la connaît, des heurts entre manifestants et policiers ont fait plusieurs victimes. Une voiture a été brûlée et les vitres de plusieurs établissements ont été brisées.

« Tout a commencé quand un agent d’autorité a giflé un jeune manifestant. Ce dernier s’est défendu en mettant à terre son agresseur. Policiers et moukhazni sont alors intervenus et roué de coups le jeune homme. D’autres manifestants ont essayé d’intercéder », rapporte l’un des manifestants. Il ajoute : « dans la foulée, une manifestante a été frappée au ventre, une autre à la tête. C’est à partir de là que les troubles ont commencé, au point que des bombes lacrymogènes ont été lancées par la police pour disperser la foule ». « Il faut dire que le refus du gouverneur de recevoir des habitants d’El Bhalil n’a rien arrangé à la situation », précise la même source.

Lors de la manifestation de Sefrou, il y a eu une soixantaine d’arrestations selon des militants de l’AMDH. Il y en aurait une trentaine, selon les autorités. Parmi les détenus figure un enfant de 13 ans et un malade mental, d’après des témoignages recueillis à Sefrou. Le samedi 6 octobre, les sections de l’AMDH de Rabat, Salé et de Témara comptent organiser une caravane de solidarité avec les membres de la section de l’AMDH à Sefrou. Une rencontre avec les familles des détenus après les événements du 23 septembre et une conférence de presse sont prévues à l’occasion.

Missour : Une manif explosive

A Missour, la manifestation organisée le 28 septembre par la coordination locale a failli tourner au vinaigre. Il y a eu quelques jets de pierres. Un manifestant a été blessé par une pierre perdue et des vitres des agences bancaires de la Banque populaire et du Crédit Agricole ont été brisées. Malgré ces incidents, qualifiés de minimes par les organisateurs, le mouvement de protestation a été jugé réussi par la coordination locale. Il n’y a pas eu d’intervention des forces de l’ordre.

Mohammedia : L’AMDH en chef de file

« Malgré la présence des camions et autres véhicules de diverses forces de sécurité, de façon à faire peur aux gens, plusieurs centaines de citoyens ont participé au sit-in organisé le 28 septembre par la section de l’AMDH de Mohammedia dans le but d’élever la voix contre le surenchérissement excessif des prix. Etaient présents essentiellement ‘les gens du peuple’, les syndicalistes (UMT et surtout CDT), les jeunes, les travailleurs indépendants... », rapporte l’un des participants à la manif.

Tounfit : Marche des femmes en colère

Le 28 septembre, une soixantaine de femmes ont organisé une marche qu’elles disent spontanée vers Khénifra pour protester sur ce qu’elles appellent « la dureté de leur vie ». Ce n’est pas parce qu’elles sont maltraitées par leurs maris, mais c’est parce qu’elles disent ne pas trouver de quoi nourrir leurs enfants.

Ce qui a intensifié leur colère, c’est qu’elles n’avaient même pas eu la chance de bénéficier de l’aide directe octroyée aux familles nécessiteuses de Tounfite par la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Ainsi donc, elles voulaient marcher jusqu’à Khénifra pour aller crier leur colère devant le gouverneur. Elles voulaient lui dire que des agents d’autorité font preuve de clientélisme dans la distribution de l’aide alimentaire aux pauvres. Elles voulaient défendre leur droit à cette aide. Ces femmes qui étaient une soixantaine au début de la marche, ont été affaiblies à quelques kilomètres de Tounfite.

Le jeûne, ajouté à la fatigue, a fini par les décourager. Certaines ont dû rebrousser chemin après le premier kilomètre. Les autres les ont suivies, épuisées. Mais le message de ces dames courage est passé.

Ce qu’ils en pensent...

Zahra, femme au foyer, mariée à un vendeur ambulant

Ah si je pouvais exprimer ma révolte et celle de mon mari dont le revenu est très moyen. Mais nous ne pouvons rien faire. Nous sommes de simples citoyens qui ne pouvons que subir les décisions de l’Etat en silence.

Je ne vous cache pas qu’on joint difficilement les bouts de mois. Je ne sais pas comment nous allons pouvoir nous en sortir durant ce mois de ramadan surtout avec l’Aid qui est à l’horizon. Je ne sais pas comment nous allons pouvoir acheter des vêtements à nos trois enfants. Nous avons déjà une ardoise qui s’est alourdie avec la rentrée scolaire.

Je serai heureuse le jour où nos responsables penseront à des gens comme nous et prendront en considération nos souffrances. Ils viennent d’annoncer à la télévision que des mesures ont été prises pour que les prix des légumes ne flambent pas. Il suffit de faire un tour dans le marché pour se rendre compte de leurs mensonges. Comme on ne cesse de le répéter, ces derniers temps dans les marché « li hattiti aâliha yadak kat taharak » (tous les produits flambent par leur prix exorbitant).

Hafsa, enseignante

Nous avons la chance de travailler mon mari et moi (son mari est enseignant aussi) et nous avons deux enfants. Pourtant, depuis que nous avons des traites à payer pour avoir acheté une petite maison dans le cadre du logement social, un réfrigérateur et d’autres meubles afin d’avoir une partie du nécessaire dans la maison, nous sommes en crise financière. Cette augmentation des prix ne nous facilite pas la tâche. Nous sacrifions plusieurs choses pour nous en sortir. Nous ne mangeons de la viande que deux fois par semaine. Or, même le pain, les céréales et les légumes qui sont notre alimentation principale se trouvent être encore plus chères. Les pommes de terre sont en bonne voie pour atteindre le prix des pommes... Et on nous dit que des mesures ont été prises pour maintenir les prix des légumes à un niveau raisonnable.

Je me demande comment s’en sortent ces pauvres gens qui n’ont qu’une seule personne qui subvient à leurs besoins et qui de plus ne touchent que le SMIG. J’estime que ma famille est quand même chanceuse en pensant à ces pauvres gens.

Fatima, vendeuse de légumes à Bab Marrakech

Que Dieu nous aide ! Comme vous voyez, je me débrouille comme je peux chaque jour ici pour vendre ces légumes et gagner ma vie. Je suis en contact permanent avec les femmes de l’ancienne médina qui viennent acheter mes légumes et je sais ce qu’elles endurent à cause des augmentations des prix des produits de base. Elles n’arrêtent pas de se lamenter. Parfois elles vont jusqu’à me reprocher mes prix. Je leur explique que moi-même, je peine à m’approvisionner au marché de gros. C’est de là que vient la flambée.

Fadma, divorcée, mère de trois enfants

C’est très simple, cette flambée des prix m’a poussé à envoyer mes trois enfants, dont j’avais la garde, chez leur père. Car, vu mes faibles revenus, je suis une femme de ménage, je n’arrive plus à subvenir à leurs besoins. Comment est-ce que je pourrais m’en sortir avec les frais des fournitures scolaires de trois enfants (certes tous en primaire), mais c’est de plus en plus coûteux... Admettons que je pourrais me débrouiller grâce à l’aide de la famille, comment affronter les dépenses de l’aïd qui arrive après le ramadan, puis la fête du mouton...

Je préfère souffrir toute seule plutôt que de garder dans la misère mes enfants. Misère qui s’amplifie avec cette hausse des prix qui n’épargne plus aucun produit. Même les prix des médicaments ont augmenté... Les gens sans moyens comme moi peinent à vivre.

K. Abdelatif, jeune avocat

C’est clair que les citoyens à faible revenu sont la première victime de la cherté de la vie. Je suis choqué par la dernière augmentation des prix qui a touché la farine et le pain. J’ai même pensé que cela allait déclencher une protestation générale et nous faire revivre les événements de 1981 tristement célèbres sous l’appellation « Chouhada Koumira » (martyrs de la baguette). Heureusement que les Marocains font preuve de beaucoup d’endurance et que seule la ville de Sefrou a connu des incidents graves.

Je suis choqué parce que cette flambée a eu lieu au lendemain des élections législatives et à quelques semaines du départ du gouvernement sortant. Ainsi, même les mesures décrétées pour remettre le prix du pain et des légumes à leur ancien niveau (si les engagements de l’Etat sont tenus) ne sont que des mesures provisoires. Par ailleurs, ceci montre que les programmes politiques dont ont nous a accablés lors de la dernière campagne électorale sont de la pure propagande et ne servent à rien. D’ailleurs, même les syndicats qui devraient réagir ne font rien. Car, ce ne sont pas leurs communiqués qui vont secourir les classes démunies, les premières victimes de cette augmentation des prix.

Brahim Mokhliss & Mohamed Zainabi

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