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Centre social d'Imouzzer Kandar : Un tremplin pour l'avenir Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
16-11-2007

ImageImouzzer Kandar. Sous un soleil radieux, la population de la région, véritable chef-d'œuvre de la nature, est en fête. En témoignent la grande tente caïdale qui trône au milieu de la place et la troupe d'Ahidous qui fait vibrer la foule de ses mélodies qui fleurent bon la montagne. 

ImageA côté des officiels, en costume cravate, l'assistance est majoritairement féminine. Des jeunes femmes habillées pour la circonstance laissent apparaître une joie et une fierté que leurs yeux n'arrivent pas à dissimuler. Celle-là même que ressent tout lauréat le jour de sa consécration. Le lundi 12 novembre est un jour mémorable pour elles. Elles, ce sont les lauréates de la première promotion des femmes formées au centre social de SOS Villages d'Enfants qui ont reçu les honneurs des autorités locales et des responsables de l'association en reconnaissance des efforts qu'elles ont fournis.


«Le centre a changé le cours de notre vie» déclarent-elles. Grâce à cette formation, elles peuvent accéder plus facilement au marché du travail ou monter leur propre affaire. Ce qui leur permettra d'avoir une source de revenus et donc de faire sortir de la précarité toute leur famille.

C'est d'ailleurs dans cet esprit que cet établissement a vu le jour. «Le centre social d'Imouzzer Kandar s'inscrit dans notre politique internationale des Villages SOS qui vise le renforcement de la famille. Nous sommes convaincus qu'il faut agir en amont pour prévenir l'abandon des enfants. C'est pour cela que nous essayons d'agir sur l'éducation des jeunes filles et sur la formation professionnelle pour pourvoir leur offrir des activités génératrices de revenus.

L'alphabétisation est également au programme », affirme Béatrice Beloubad, directrice nationale de SOS Villages. Ouvert il y a 5 ans, le centre a fait du chemin depuis. Conçu initialement pour aider les jeunes filles du milieu rural à poursuivre leurs études, jusqu'au baccalauréat, les responsables se sont vite rendu compte que cela ne leur servirait à grand-chose. Ils ont alors décidé de leur permettre d'aller plus loin en leur donnant la possibilité d'obtenir un Bac+2 et par la suite à trouver du travail. Faisant le déplacement de Aïn Chifa à 10 km d'Imouzzer Kandar, Najat et Najia, comme beaucoup d'autres jeunes filles, n'ont qu'un rêve: poursuivre leurs études pour venir en aide à leurs familles. «Après le Bac, je voudrais faire une formation d'infirmière à Casablanca», affirme Najat. «Moi, c'est l'école des ingénieurs qui me tente», s'écrient d'une seule voix, Raouiya et Najia qui n'auraient jamais osé formuler tels vœux si le centre social ne leur avait pas permis des ouvertures pareilles.

Aujourd'hui, cet établissement accueille 32 filles en interne et permet la formation de 23 dont 11 ont eu leurs diplômes. Toutefois, la véritable fierté de l'association reste l'implication de l'Entraide nationale dans ce projet. L'arrivée de ce partenaire dans le circuit de formation a permis aux lauréates d'obtenir un diplôme reconnu. «Le centre social d'Imouzzer Kandar est un modèle d'intégration professionnelle qui permet d'améliorer la situation de la population de la région.

80% des bénéficiaires sont des jeunes femmes qui sont pleines d'espoir. Nous travaillons en partenariat avec SOS Villages pour faire aboutir ce projet. Ce n'est, donc, que le début d'une collaboration qui va s'étendre à toutes les tranches de la population souffrant de précarité», assure M. Cherkaoui de l'Entraide nationale.
Grâce à cette reconnaissance, les diplômées ont plus de chance d'être intégrées dans les industries textiles de la région.

D'ailleurs, deux d'entre elles ont commencé leur travail dans une société à Sefrou comme piqueuses. Les femmes qui ont bénéficié de la formation professionnelle dans les ateliers de tricotage, de tissage et de couture se sentent aujourd'hui armées pour lutter contre la pauvreté.
La dureté de la vie et du climat n'auront plus raison d'elles. «Nous refusons de baisser les bras et de céder au désespoir. Nous avons une chance d'aller del'avant, nous ne lâcherons pas prise», disent-elles.

Tous les jours, ces filles et ces mères de familles, qui vivent dans des conditions difficiles, parcourent des distances plus ou moins longues pour se rendre aux cours. « Les diplômes qu'elles ont obtenus leur permettront d'envisager l'avenir avec plus de sérénité. Il y en a qui font plus de 10 km tous les jours pour pouvoir suivre leur formation au centre», signale B. Beloubad qui reconnaît avoir été agréablement surprise par la réaction des hommes de la région au moment du lancement du projet. Pères, oncles et frères ont réservé un accueil favorable au centre.

«Il n'est pas aisé que les hommes de cette région vous confient leurs épouses, leurs filles ou leurs sœurs. Il faut qu'ils vous fassent confiance. Et ce n'est qu'une fois que cette confiance établie que le travail a pu être effectué». Il faut dire également qu'ils ne pouvaient pas « cracher dans la soupe » et rater une occasion en or pour améliorer leur situation. Tout le monde sait que dans les régions rurales, ce sont les femmes qui prennent en charge la famille. Et quand on donne à ce membre la possibilité d'acquérir une source de revenu, c'est toute la famille qu'on sauve de la misère.

C'est là toute la philosophie de l'association. Il ne reste plus qu'à espérer que les autorités de la région de Sefrou soient convaincues de cette réalité et débloquent les fonds pour que l'extension du centre social d'Imouzzer Kandar soit effectuée. Les promesses n'ont que trop duré.
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Prévenir en amont

Quand SOS Villages d'Enfants a été conçu, c'était pour offrir une famille de substitution aux enfants qui n'en ont pas.
Cette mission est toujours la sienne sauf que les moyens pour l'assurer changent et s'améliorent.

Pour permettre à un enfant de garder sa famille, l'association n'agit plus dans l'urgence. « On n'est plus des pompiers de l'enfance », signale B. Beloubad. Sans attendre que l'enfant soit abandonné, SOS Villages essaye de faire de la prévention. « Depuis 13 ans que je suis à la tête de l'association, j'ai vu des femmes abandonner leurs enfants. Jamais une maman ne le fait avec gaîté de cœur. Cela se fait toujours dans le déchirement et la souffrance. Nous œuvrons justement pour que cela n'arrive plus quoique, à elles seules, les ONG ne puissent y parvenir. Il faut vraiment que cela soit une volonté de l'Etat. Un enfant qui grandit sans famille est un enfant déchiré qui ne peut se construire comme un être humain et comme un citoyen ne pouvant contribuer au développement de son pays », poursuit la dame.

Solution. L'association agit en amont. « A partir de 2008, une nouvelle stratégie sera mise en place pour que nous ne soyons plus obligés de construire des Villages SOS. L'objectif étant que les familles puissent prendre en charge leurs enfants, car la place d'un enfant est dans sa famille », confie Rachel Bourget, directeur régional de l'association.

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