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Ce qui faisait la force de l’artisanat sefrioui, c’était son intégration à la campagne et sa capacité de répondre aux besoins de la population rurale, sans que cette dernière soit obligée de s’en référer à Fès. D’où le foisonnement d’une série de métiers qui étaient fort prospères dans le temps, et qui ne sont à présent que de simples reliques du passé. Parmi les petits métiers artisanaux exercés à Sefrou, on peux citer :
Le tissage porte sur la confection du Jallaba à rayures, les couvertures et étoffes blanches dites : fidah, haïk, ksa. La laine filée par les femmes à Sefrou est vendue directement à l’artisan (ta’ma et sda). Le coton, acheté à Fès, est cependant de plus en plus utilisé, surtout pour la fabrication des couvertures. Le travail se fait à façon est certains clients , les ruraux particulièrement, apportent leur propre matière première. L’artisanat sefrioui ne se manifeste pas uniquement dans les petites boutiques de la ville, il prend également un aspect occulte en se réfugiant dans les maisons où s’affairent des femmes de tout âge. Le travail à domicile est une activité qui reste vivace à Sefrou. Sa prospérité tient à la tradition artisanale des familles citadines occupées souvent dans la broderie, la couture et la confection des boutons en soie, ainsi qu’à la présence de femmes rurales immigrées, spécialisées dans le travail de la laine. Ce secteur d’artisanat domestique occupe une place non négligeable dans la vie des foyers.
Le tissage des tapis n’a rien d’original. Il donne lieu en effet à des œuvres grossières fabriquées à base de coton et écoulées à des prix bon marché le jour du souq. Les fileuses sont généralement âgées entre 35 et 60 ans. Leur matière première est achetée au souq du Jeudi, et une fois lavée et filée, elle est écoulée directement aux tisserands de la ville.
La couture et la broderie qui sont des occupations purement urbaines, connaissent contrairement aux activités précédentes un regain de dynamisme. Le travail porte cependant sur les petites commandes : confection de robes, dfina, ou broderie de mouchoirs, draps pour mariée, serviettes, nappes, oreillers etc. Certaines femmes se sont signalées également dans la broderie sur cuir, particulièrement des babouches (brodées avec fil doré ou argenté). Le tricotage à la machine, insignifiant il y a quelques années, se répand de plus en plus.
C’est peut-être cette branche qui fait la spécificité de la ville de Sefrou. En effet ce secteur qui occupait exclusivement les femmes juives du Mellah a fini par se propager dans le reste des quartiers, les mois riches surtout. Son maintien se justifie par une tradition séricicole bien assise dans la région, et par la proximité de Fès, dont les artisans apprécient les qualités de la main-d’œuvre locale et son coût bon marché. A ce titre Sefrou joue le rôle de sous-traitant par rapport à Fès. En effet les grossistes fassi y sont présentés par des délégués permanents, dont la fonction est de distribuer la matière première et de ramasser les produits finis, appelés à être expédiés dans tout le pays. Le travail se fait à la tâche, et ce sont des fillettes généralement entre 8 et 14 ans, qui passent des journées entières à confectionner les boutons. Elles sont tenues de préparer des ‘mara (série) de 40 ou 130 boutons. Une famille travaillent à 5 personnes peut réaliser en moyenne 40 séries de 130 boutons par semaine. |